
Walthéry et sa première planche en "professionnel",
Pipo.

Walthéry au studio dessinant une planche de Jacky &
Célestin.

D'autres créations de François Walthéry






|
C'est dans la proche banlieue liégioise, à Argenteau, que François Walthéry voit le jour le 17 janvier 1946. La région qui l’a vu naître restera toujours profondément présente dans sa vie quotidienne et dans ses créations graphiques. Son père, ouvrier soudeur, avait déjà un don pour le dessin qu’il transmettra à son fils dès son plus jeune âge.
La passion de la BD arrive également très tôt au jeune François qui découvre les « illustrés » des années 50 et 60, et notamment « Félix » de
et « Jehan Pistolet » d’Uderzo et Goscinny.
Il publie son premier dessin en 1961 à l’occasion d’un concours organisé par le supplément pour enfants du quotidien « La libre Belgique » : Junior. Le dessin et la bande dessinée deviendront dès lors son but dans le vie.
Le dessinateur Jean Mariette, alias , habite non loi de chez lui. En décembre 1961, François lui rend visite pour lui présenter ses réalisations et ses essais (notamment l’intégralité des planches de l’album « La corne de Rhinocéros » de Franquin). Grâce à l’appui de ce professionnel, les parents de Walthéry l’inscrivent à l’Institut St Luc, où il rodera sa technique et son style.
Dès 1962,
propose à Walthéry de prendre en charge le dessin d’une série de gags hebdomadaires dont il
assurera le scénario. C’est la naissance de Pipo : « C’est une merveilleuse expérience d’être à 16 ans plongé subitement dans le bain des obligations professionnelles. Quand on fréquente un cours, fut-il
les Beaux-Arts, généralement on n’a pas de délais strictes et finalement l’approche du métier reste très superficielle. Tout compte fait, on n’apprend que sur le tas. »
C’est l’occasion également pour le jeune dessinateur d’introduire déjà dans ses cases des autoportraits ainsi que des clins d’œil à son protecteur
. C’est une marotte qui ne le quittera pas et ses planches seront truffées d’hommages et de clins d’œil.
Encouragé par , François Walthéry
fait acte de candidature au journal de Spirou. Il est reçu en 1963 par Charles Dupuis, Yvan Delporte et qui cherche un dessinateur pour son studio en remplacement de Francis qui a décidé de voler de ses propres ailes. voit tout de suite le potentiel du jeune homme et l’embauche sur le champ pour son atelier.
« Ce qui est formidable dans l’expérience avec , c’est qu’il a pris des jeunes qui savaient déjà dessiner et qu’il leur a inculqué le métier pour les laisser ensuite prendre leur propre direction et créer leur personnage, et faire carrière. Parallèlement aux travaux du studio, chacun de nous travaillait pour son propre compte. Il arrive encore que nous nous retrouvions si le besoin s’en fait sentir et si a besoin de l’efficacité des anciens ».
Rapidement, confie à Walthéry les personnages « Jacky et Célestin » qui étaient déjà passés entre les mains de et Azara. Les planches
paraissent dans « Le Soir Illustré » entre décembre 1963 et juin 1966. En tout 4 histoires « Vous êtes trop bon », « Casse-tête chinois », « Le chinois est rancunier » et « Sur la piste du scorpion ».
Fin 1964, il part faire son service militaire en Allemagne, près de Cologne. Ses supérieurs lui réserveront un traitement de faveur en lui confiant un poste où il pourra continuer à dessiner tout en effectuant de menus travaux graphiques d’intérêt militaire. C’est là qu’il
fait la connaissance d’ Etienne à qui il se
lie d’amitié, et qui produira quelques scénarios pour Natacha.
De retour au Studio , il
reprend les rênes d’une série fétiche du dessinateur : « Benoît Brisefer ». Les scénarios
sont assurés par Delporte, et , et donneront naissance à quatre albums qui ne permettront pas à Walthéry de se faire connaître,
bien que le personnage soit toujours associé au nom de .
C’est en 1967, au sein du studio que
naît le personnage de « Natacha ». Le personnage féminin qui manque au journal de Spirou,
jusqu'alors résolument masculin. , qui est présent au studio
fournit le scénario du galop d’essai qui sera présenté à l’éditeur. Ce dernier l’accueille avec intérêt, mais
l'histoire ne sera pas publié immédiatement, Walthéry étant très pris par les planches de Benoît Brisefer.
Il faudra attendre 1969, pour que Thierri Martens, le nouveau rédacteur en chef de Spirou, découvre les premières planches de Natacha. Il
demande immédiatement à Walthéry de continuer cette série qu’il souhaite publier très rapidement.
Et en effet, dès le 26 février 1970, Natacha entre par la grande porte dans le « Journal de Spirou ».
Le métier de Natacha, hôtesse de l’air, lui permet de voyager à travers le monde et de vivre de nombreuses situations. , prend les commandes du scénario pour les premiers albums. Il plonge Natacha dans une ambiance de roman d’aventures : « Natacha Hôtesse de l’air », «Natacha et le Maharadjah
». Il passera la main, trop occupé par ses propres productions.
François Walthéry fera alors appel à ses anciens collègues et à des professionnels du scénario. Ainsi
Wasterlain,
et
lui offriront de bonnes histoires qui entraîneront l’héroïne dans des univers de romans policiers et d’espionnage. Il dessinera également des histoires de son ami, Etienne , qu’il rencontra pendant son service militaire : des histoires de science fiction, de voyages dans le temps et de robots humanoïdes…
Pour le dessin, Walthéry s’entourera également d’amis ou d’apprentis dessinateurs pour l’aider à mener à bien sa tâche, son premier maître
, , pour les décors de l’île d’outre-monde, de Jidéhem, de Laudec…
Mais l’ensemble de la série garde une cohérence malgré cette multitude de collaborations.
« L’important, c’est que cela reste un album de Natacha, même si le scénariste n’est pas le même, et même s’il y a quelqu’un d’autre qui fait les décors. (…) C’est moi qui donne la
cohésion à l’ensemble. Je tiens le manche à balais, si j’ose dire. Je rythme l’histoire, j’écris ou je discute des dialogues, j’apporte les ingrédients habituels que les gens s’attendent à trouver, afin que quelque soit le thème abordé, l’album reste un épisode de Natacha. »
François Walthéry - Sur le hauteurs du Hasard.
En parallèle, dès 1974, Walthéry crée pour Spirou une série en forme d’hommage à son père décédé deux ans plus tôt :
c'est « Le vieux bleu
». Cette série, scénarisée par Raoul , raconte l’engouement pour la colombophilie dans un petit village belge pendant l’entre-deux guerres. Elle
met en scène, sur 45 planches réparties sur 5 ans, des éléments autobiographiques de Walthéry et des décors de son environnement quotidien. Cette série est un petit chef d’œuvre d’humour et de cocasserie.
« P’tit bout de chique » est également créé de manière fortuite en 1975 à l’occasion d’un numéro spécial de Spirou… Ce personnage connaîtra une deuxième vie une vingtaine d’années plus tard chez l’éditeur Marsu Productions. Le personnage sera ensuite confié à
pour des gags en une planche et des histoires courtes qui seront regroupées dans quatre albums…
L’éditeur Dupuis est racheté par un grand groupe de Presse à la fin des années 1980. Walthéry, sur les conseils de Franquin,
quitte Dupuis pour
Marsu Productions qui édite depuis les albums de Natacha.
A partir de cette date, Walthéry, se fondant sur sa notoriété dans le milieu de la BD va participer à plusieurs projets, soit qui lui tiennent à cœur, soit pour donner un coup de pouce à des jeunes dessinateurs.
Tchantchès, un personnage du folklore liégeois prend vie sous sa plume pour un album très régional.
Rubine, en 1993, sera l’aboutissement d’un projet commun avec . Walthéry créera le personnage en définissant son physique, mais il ne dessinera pas les albums qui seront réalisés par Dragan Lazarevich, un jeune dessinateur serbe, qui adopte un style très proche du créateur.
En 1994, il prête également son nom à la série érotique «
Une femme dans la peau » dessinée par Van Linthout (qui fera les décors de deux albums de Natacha).
Walthéry a également créé un nombre incroyable d’illustrations diverses, de sérigraphies, de portfolios, de cartes postales autour de ses univers peuplés de femmes pulpeuses qui ressemblent beaucoup à son personnage fétiche :
Natacha.
|